Surveiller ceux qui surveillent

Copyright: manurevah.com

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Le projet BooCompany cartographie, et c’est là tout l’intérêt du web deux-zéro, les caméras de vidéosurveillance en Allemagne (via annalist).
Mais comme le constate déjà Anne, ce projet utilise malheureusement GoogleMaps - car qui dit GoogleMaps dit GoogleLogs et GoogleCensure. Une commentatrice pointe OpenStreetMap, qui propose un feature qui a été concu exprès pour la cartographie de systèmes de surveillance mis en place par l’Homme - utilisé ici par exemple.

Du côté francais, peu de cartographies qui iraient dans le même sens. Le CREP (Comité pour la réappropriation de l’Espace Public) crée des cartes statiques des caméras de vidéosurveillance sur le territoire urbain de Strasbourg et les met à jour très régulièrement (2007, 2004, 2003).

Jadis, quand tout le monde parlait encore d’interactivité, le groupuscule artistico-activiste américain Institute for Applied Autonomy avait réalisé ISee - une carte interactive des caméras de Manhattan. Cette carte, véritable application, permettait aux utilisateurs de faire calculer un chemin à travers la ville d’un point à un autre, sans passer dans le champ de vue d’une caméra. Malheureusement cette carte n’a plus l’air fonctionnelle à ce jour.

Ne nous reste plus que le CameraZapping avec des lasers en trois couleurs. Mais comme le constate l’auteur, les caméras devenant tellement petites, il devient impossible de les zapper de facon ciblée. (Et qui a envie de se balader avec un pistolet laser toute la journée ?)

JMM nous rappelle que EDVIGE n’est que la petite soeur de CRISTINA et demande “A qui profite la CNIL ?”

15 juil 2008 | Blog - francais - 0 commentaires

Cet article a été publié par JM Manach, qui en est l’auteur. Lire l’article chez JMM.

La CNIL fête cette année les 30 ans de la loi Informatique et libertés, l’une des toutes premières lois du genre dans le monde, censée protéger les citoyens du fichage informatique.

A l’époque, le spectre de Big Brother était l’Etat. Depuis, le monde a bien changé, l’informatique est (presque) partout et Alex Türk, président de la CNIL, n’hésite pas à déclarer que “si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !”.

Le même, en marge de la conférence de presse où il annonça sa nomination à la tête du G29 (qui réunit les CNIL européennes) expliqua qu’il se demandait si cela valait encore la peine de s’opposer à un fichier policier, ou à une proposition de loi sécuritaire, puisqu’à chaque fois, ils ne sont pas entendus, et que le projet passe en l’état.

En 1978, la loi informatique et libertés avait donné la possibilité à la CNIL de bloquer la mise en place des fichiers manifestement contraires aux droits de l’homme, à la vie privée ou aux libertés. Mais en 2004, la nouvelle loi informatique et libertés, préparée sous Jospin, et soutenue par Alex Türk, a retiré ce pouvoir à la CNIL (cf. Une loi dont l’Etat se fiche pas mal et A qui profite la CNIL ?).

Début juin, je découvrais, consterné, que les Français étaient nuls ou presque en matière d’informatique et libertés, et qu’ils étaient aussi ceux qui, de tous les Européens, sont les plus enclins à militer pour (ou accepter) la surveillance de l’internet.

Aujourd’hui, le Syndicat de la Magistrature, la Ligue des Droits de l’Homme et d’autres s’émeuvent de la création d’Edvige, un fichier (avalisé, avec certaines réserves, par la CNIL) fichant entre autres les personnalités publiques (& les mineurs) “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”.

Dans le même temps, personne ne parle de Cristina, un autre fichier, bien plus problématique. La question, en résumé, revient à se demander s’il est plus dangereux, pour une démocratie :

  • de constituer une police politique dont on sait qu’elle s’intéresse tout autant aux personnalités publiques (politiques, syndicales, religieuses, médiatiques) qu’aux délinquants potentiels, mais avec quatre fois moins de policiers qu’avant (du temps des RG),

et/ou

  • de constituer une police politique dont on ne sait pas à qui elle s’intéresse exactement, sinon que la surveillance et l’écoute des télécommunications fait expressément partie de ses missions, et qu’elle dispose de deux fois plus de policiers qu’avant (du temps de l’ex-DST)…

Ce 11 juillet 2008, le premier fichier, Edvige, est évoqué, sur Google, sur près de 15 000 pages web. Le second, Cristina, ne l’est que sur 3 pages…

Explications :

En 1974, la France découvrait, atterrée, le projet de méga-base de données du ministère de l’Intérieur pudiquement intitulé Safari (sic, pour “Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus”). Le scandale fut tel que ce Safari fut stoppé net, entraînant l’adoption de la loi informatique et libertés (LIL), et la création de la CNIL.

Pour fêter les 30 ans de l’“autorité indépendante”, le ministère de l’intérieur a décidé de lui offrir deux nouveaux fichiers, aux noms très printaniers : Edvige (pour “Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale”), qui remplacera l’ancien fichier des RG, et Cristina (“Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux”), qui récupérera celui de la DST.

Edvige fichera les identités, adresses (électroniques comprises), comportements, déplacements, relations, opinions politiques et religieuses, appartenances sexuelles, ethniques, syndicales et associatives des personnes “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”, ou qui jouent “un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif”. La différence avec l’ancien fichier (papier, et régionalisé) des RG ? Le fichage commence dès l’âge de 13 ans, et comme il sera informatisé, sa consultation sera grandement facilitée pour l’ensemble des policiers et gendarmes habilités (il suffit de demander).

La CNIL regrette certes de ne point savoir comment les données seront sécurisées, d’autant qu’elles seront conservées de manière illimitée. Mais elle a aussi été écoutée… en partie : le ministère, qui s’y opposait, a finalement accepté de publier son avis au JO. C’est d’ailleurs le seul pouvoir qui lui reste, depuis qu’en 2004, la nouvelle LIL lui ait retiré tout pouvoir de blocage des fichiers “de sûreté”. Comme le Canard l’avait alors relevé, si le gouvernement est toujours tenu de lui demander son avis, il n’a plus à en tenir compte. On a connu autorité plus “indépendante”

Le fichier Cristina, lui, est passé d’autant plus inaperçu que la CNIL n’a pas le droit de commenter son “avis favorable avec réserves” qui, seul, été publié au JO. Si l’on ignore ce qu’il contiendra, Cristina fera probablement bien plus de ravages qu’Edvige. Car si les RG passent de 4 000 à 1 000 policiers, la DST, rebaptisée Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), et présentée par MAM comme un “FBI à la française“, passera elle de 2000 à 4000 condés !

Leurs missions : lutte contre l’espionnage, le terrorisme, protection du patrimoine économique, et surveillance des individus et mouvements susceptibles de “porter atteinte à la sécurité nationale”. Le décret portant création de la DCRI précise également qu’“elle contribue à la surveillance des communications électroniques et radioélectriques susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’Etat”. Bref, Cristina sera truffé de données issues des écoutes téléphoniques et internet de ceux qui auront l’heur de déplaire à notre “FBI à la française”.

La CNIL, qui avait prévu de contrôler les fichiers des RG, dit maintenant attendre qu’Edvige soit mis en place pour s’y atteler. Des esprits retors pourraient penser que les RG en auront profité pour les nettoyer, d’autant qu’une bonne partie des informations seront récupérées par la DCRI. Et qu’elle n’aura pas le droit de fourrer son nez dans Cristina. Pour ne rien arranger, la LIL a donné le droit aux fichiers policiers d’attendre 2010 pour se conformer à la loi. Et dire que lorsque la CNIL n’existait pas, les Français avaient réussi à bloquer Safari !

EDVIGE recensera tout ce qui est hypothétiquement suspecté de pouvoir porter atteinte à « l’ordre public »

15 juil 2008 | Blog - francais - 0 commentaires

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :

  • état civil,
  • photographie,
  • fréquentations,
  • comportement,
  • déplacements,
  • appartenance ethnique,
  • vie sexuelle,
  • opinions politiques,
  • philosophiques,
  • religieuses,
  • appartenances syndicales et associatives …

de tout le monde - à partir de l’age de 13 ans.

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Bienvenue à l’Eglise du tout sécuritaire !

Signez la pétition : NON à EDVIGE !

Paquet Télécom : de l’ombre à la lumière

09 juil 2008 | Blog - 0 commentaires

Lundi 7 juillet, les commissions IMCO et ITRE du Parlement européen ont voté sur le projet de réforme du droit européen des communications électroniques, dit Paquet Télécom. Tous les amendements dangereux dénoncés mardi par la Quadrature du Net et de nombreuses organisations ont été présentés au vote et adoptés.

La Quadrature du Net maintient que ces amendements visent à fermer l’architecture ouverte d’internet pour plus de contrôle et de surveillance des utilisateurs. Ils pavent la voie à une régulation des usages des internautes par les opérateurs techniques sous le contrôle d’autorités administratives, en lieu et place de l’autorité judiciaire. Ils attaquent directement la neutralité du Net en autorisant ces opérateurs à restreindre des usages licites (comme l’utilisation de logiciels libres), pour promouvoir leurs propres services ou les produits d’entreprises dominant certains marchés stratégiques.

La Quadrature du Net se réjouit cependant de la forte mobilisation citoyenne qui a accompagné ce vote en commissions. Des milliers de citoyens européens ont écrit aux eurodéputés. La presse européenne a largement couvert le vote. Nombre d’eurodéputés ont ainsi pris conscience des enjeux et des menaces qui pèsent sur les droits fondamentaux, l’architecture ouverte d’internet, le Logiciel Libre, la compétitivité et la souveraineté informationelle européenne.

[..]

La Quadrature du Net appelle donc les citoyens à continuer à contacter les eurodéputés pour les inviter à demander à leur président de groupe parlementaire de reporter à octobre le vote en séance plénière, normalement prévu le 2 septembre : les eurodéputés doivent avoir le temps d’étudier ce dossier complexe et transverse, tout comme les citoyens.

Cinq directives sont modifiés par trois directives-cadres et plus d’un millier d’amendements ont été déposés jusqu’à maintenant. Plusieurs semaines, hors vacances parlementaires, sont nécessaires pour identifier tous les problèmes et préparer des amendements protégeant effectivement les droits des citoyens et l’architecture ouverte du réseau Internet.

Lire l’article en entier sur le site de la Quadrature »

RFID - INES La police totale

28 août 2006 | RFID - francais - 0 commentaires

par Daniel Julien, PMO, source : infokiosques.net

RFID : vous avez entendu cet acronyme - ou étiquettes “intelligentes”, “smart tags”, puces à radiofréquence, transpondeurs. Mais que sont-elles exactement ? À quoi servent-elles ? Comment fonctionnent-elles ? Saviez-vous que 2006 était l’année de leur entrée massive dans les entreprises ? Qu’on les injecte à nos animaux ? Qu’elles vous traquent déjà ? Saviez-vous qu’elles sont une des premières applications des nanotechnologies, et l’une des spécialités locales, entre le “Pôle de traçabilité” de Valence et le “Pôle Minalogic” de l’Isère ? Savez-vous que dans quatre ans, sauf révolte, les mouchards électroniques infesteront 30 milliards d’objets - cinq par être humain, PapouEs comprisES ? Non ? Alors découvrons ensemble ce bijou de reality-science.

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