La checklist des privilèges masculins
03 mar 2008 | Gender - francais - 0 commentaires :: Gender, parité, privilèges, travail
Une imitation non honteuse d’un article de Peggy McIntosh
article original par Barry Deutsch, aka “Ampersand.”
traduit de l’anglais et vaguement recompilé par grep|grrl .
Nous avons gardé les liens de l’article original tel quel dans le texte.
En 1990 le professeur Peggy McIntosh de Wellesley College (ndlt : au Massachusetts, USA) a publié son article “Privilèges blancs : défaire le cartable invisible” (“White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack”). McIntosh observe que les blancs aux États-Unis “apprennent à voir le racisme seulement à travers des actes individuels de méchanceté, non pas à travers des systèmes invisibles de domination de groupe”. Afin d’illustrer ces systèmes invisibles, McIntosh a écrit une liste de 26 privilèges invisibles dont bénéficient les blancs.
Comme le montre McIntosh, les hommes aussi tendent à ignorer les privilèges qu’ils ont en tant qu’hommes. Dans l’esprit de l’essai de McIntosh, je me suis dit que je compilerai une liste similaire à la sienne, en mettant le focus sur les privilèges invisibles dont bénéficient les hommes.
Dû à mes propres limitations, cette liste est inévitablement nordaméricanocentrique - dû à ma propre construction. J’espère que des auteur.e.s d’autres cultures vont créer de nouvelles listes, ou modifier celle-ci, afin de refleter leurs propres expériences..
Depuis que je l’aie compilée pour la première fois, cette liste a été postée énormément de fois dans des groupes de discussion sur internet. Beaucoup de gens ont proposé des points supplémentaires à cette checklist. Plus communément, bien sûr, la checklist a recu des critiques (la plupart du temps, mais pas toujours, de la part d’hommes) qui soulignent que les hommes ont des désavantages aussi - comme être obligés d’aller à l’armée, être constamment supposés de devoir annihiler leurs émotions etc. Ce sont en effet de mauvaises choses - mais je n’ai jamais prétendu que la vie des hommes est toujours comme un dimanche ensoleillé.
Evidemment, il y a des exceptions individuelles à la plupart des problèmes discutés dans cette liste. L’existence d’exceptions individuelles n’insinue pourtant pas que des problèmes communs n’ont pas d’importance.
Montrer que les hommes sont privilégiés ne nie nullement que de mauvaises choses peuvent arriver aux hommes. Etre privilégié ne veut pas dire que les hommes ont tout gratuitement dans la vie ; être priviligié ne veut pas dire que les hommes ne travaillent pas dur, ne souffrent pas. Dans la plupart des cas - du garcon qui est tracassé à l’école, un soldat qui meurt pendant la guerre - la société sexiste qui maintient les privilèges masculins fait aussi du mal aux garcons et aux hommes.
Au final, toutefois, ce sont les hommes et non les femmes qui gagnent le plus d’argent ; les hommes et non les femmes qui dominent les gouvernements et les conseils d’entreprise ; les hommes et non les femmes qui dominent virtuellement toutes les positions dominantes de la société. Et ce sont les femmes et non les hommes qui souffrent le plus de la violence et du viol ; qui ont plus de chances d’être pauvres ; qui sont, somme toute, au bout court du levier du patriarcat.
Quelques personnes ont aussi accusé cette liste de victimiser les femmes en quelque sorte. Je ne suis pas d’accord : montrer les problèmes n’est pas la même chose que les perpétuer. Ce n’est pas une position “victimisante” de constater que l’injustice existe, au contraire, sans ce constat il n’est pas possible de se battre contre l’injustice.
Un ami à moi écrivît un jour “Le premier privilège dont les blancs, les mâles, les gens des classes aisées, les non handicapé.e.s, les hétérosexuel.le.s (et donc la plupart d’entre nous) seraient capables de se soulager est le privilège d’oublier leurs privilèges.” Cette checklist est, je l’espère, une aide pour les hommes à supprimer ce “premier privilège”.
Ainsi parle Donna Haraway, professeure dans le département History of Consciousness, à l’Université de Californie à Santa-Cruz. Elle est l’une des personnalités qui ont façonné le champ de la théorie féministe et des science studies. Ses textes traduits en plus de 16 langues en font une auteure incontournable de la scène intellectuelle internationale, penseuse de la postmodernité et des technosciences. La plus grande partie de son oeuvre est encore inédite en français.
C’est avec joie que j’ai pu découvrir récemment une association basée à San Francisco dont le but est de fournir aux femmes souhaitant devenir ingénieur du son un espace, des ateliers, et du matériel professionnel. Fait par des femmes pour des femmes, Women’s Audio Mission (W.A.M.) est sponsorisé par beaucoup de grandes marques de matériel d’enregistrement comme Shure, Tascam ou Digidesign.
En décembre 2006 nous avons eu